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Aux origines de la salamandre : symbole de François Ier, secret des alchimistes

1 oct.
13 min de lecture

Il suffit de lever les yeux sous les voûtes de Chambord : une petite créature couronnée vous observe, lovée dans les flammes, plus de trois cents fois. Chez Chaput, on la croise plus modestement, sur une étiquette, au détour d'un muselet ou d'une cuvée qui porte son nom.


origines de la salamandre, symbole de François Ier, secret des alchimistes
Salamandre couronnée sculptée au château de Chambord, photo récente. Image : . Source : Wikimedia Commons, photo Christophe Finot.

Remonter aux origines de la salamandre, symbole de François Ier, secret des alchimistes, c'est ouvrir un étrange coffre à souvenirs. On y trouve des naturalistes grecs, des moines du Moyen Âge, une reine mère ambitieuse, un précepteur lettré, et ces chercheurs de pierre philosophale qui lisaient dans le feu la clé de la matière.

Petit tour d'horizon, donc, grimoire en main et verre imaginé. Une précision avant de partir : la salamandre est un amphibien, pas un reptile (on y tient, c'est un peu une affaire de famille).


On va démêler ce que l'histoire établit, ce que les symboles suggèrent, et ce que la légende a inventé en chemin. Parce qu'un emblème, comme un vin, mérite qu'on le lise avec précision.



Aux origines de la salamandre, symbole de François Ier, secret des alchimistes : la légende antique

Dans les sous-bois humides, la salamandre tachetée vit discrètement : une vingtaine de centimètres, une robe noire éclaboussée de jaune, des sorties surtout nocturnes. Rien, a priori, d'un animal de cour. Et pourtant, son histoire symbolique commence bien avant les rois de France.


Salamandre tachetée - Source : Wikimedia Commons
Salamandre tachetée - Source : Wikimedia Commons

Ce que racontaient Aristote et Pline

Dès l'Antiquité, une croyance s'installe : la salamandre vivrait dans le feu et serait même capable de l'éteindre. Aristote la mentionne dans son Histoire des animaux, puis Pline l'Ancien, Élien et Isidore de Séville reprennent et amplifient le récit.



Pline avance une explication : l'animal serait si froid qu'il éteindrait la flamme comme le ferait la glace. On lui prête aussi un venin redoutable, capable de gâter l'eau des puits et les fruits des arbres. Feu, froid, poison : la salamandre cumule déjà les contraires.


La salamandre dans le Bestiaire d'Aberdeen, manuscrit anglais vers 1200 - Source : Université d'Aberdeen
La salamandre dans le Bestiaire d'Aberdeen, manuscrit anglais vers 1200 - Source : Université d'Aberdeen



Une laine qui ne brûle pas (merci l'amiante)

Le Moyen Âge ajoute un détail savoureux : la salamandre porterait une laine dont on tisserait des étoffes ininflammables. Des souverains auraient possédé des vêtements faits de cette fameuse « laine de salamandre ».

La réalité est plus minérale. Quand on découvre l'amiante, cette fibre qui résiste au feu, on la prend pour la laine de l'animal. Le symbole avait trouvé sa matière avant que la science ne lui retire son mystère.


Pourquoi le feu ?

L'explication la plus souvent avancée tient à une habitude bien terrestre. La salamandre hiberne volontiers dans les souches et le bois mort. Jetée au foyer avec les bûches, elle pouvait s'en échapper quelques secondes plus tard, protégée un instant par sa peau humide.

On imagine la scène, au coin du feu, un soir d'hiver : une petite bête qui surgit des braises, intacte. Il n'en fallait pas davantage pour forger une légende.



La salamandre, symbole de François Ier : une histoire de famille

On associe spontanément la salamandre à François Ier. Juste, mais incomplet : l'emblème est un héritage, transmis sur trois générations de la maison d'Angoulême avant de devenir royal.


Portrait de François Ier par Jean Clouet, vers 1530, musée du Louvre
Portrait de François Ier par Jean Clouet, vers 1530, musée du Louvre


1461 : quelques vers pour Jean d'Angoulême

La première trace connue remonte à 1461. Lors d'un banquet de fiançailles, un poète anonyme compose des pièces pour les convives et offre à Jean d'Angoulême, grand-père du futur roi, une salamandre qui éteint le feu. L'image célèbre un seigneur pacificateur, celui qui apaise les querelles.

La Bibliothèque nationale de France reste prudente : rien ne prouve que l'animal était déjà l'emblème du comte. Son fils Charles, en revanche, le conserve, sans encore y attacher de devise.


1504 : une médaille pour un prince de dix ans

Le véritable acte de naissance date de 1504. Louise de Savoie, mère du jeune François d'Angoulême, fait frapper une médaille pour les dix ans de son fils. Au revers, une salamandre dans les flammes, dont la queue dessine une double boucle, clin d'œil à la cordelière de Louise.


Autour, une devise en italien : Notrisco al buono, stingo el reo, « je me nourris du bon feu et j'éteins le mauvais ». L'enfant n'est pas encore roi. Sa mère, elle, y pense déjà.


Du sacre à Chambord : l'emblème d'un règne

François devient roi en 1515. Lors de son entrée solennelle à Paris, le 15 février, les archers de sa garde portent sur leur livrée une salamandre pleine de feu qui crache de l'eau, la devise brodée au col.


Hallebardier portant une livrée à la salamandre. - Source : BnF.
Hallebardier portant une livrée à la salamandre. - Source : BnF.


L'emblème se déploie ensuite partout : à Blois, à Fontainebleau, à Azay-le-Rideau, sur les reliures de la bibliothèque royale, jusque sur l'ordonnance de Villers-Cotterets de 1539, où elle se love sous l'initiale du roi. La ville du Havre, fondée en 1517, la porte encore dans ses armes.

(Galerie d'images suggérée, trois visuels :)



1. Salamandre sculptée sur l'aile François Ier du château de Blois

2. Salamandre des lambris de la galerie François Ier, château de Fontainebleau, photo récente.

3. La salamandre sous l'initiale du roi, ordonnance de Villers-Cotterets, 1539.


Mais c'est à Chambord qu'elle règne vraiment. Plafonds à caissons, voûtes, murs : on en compte plus de trois cents. Couronnée, elle avale les flammes ou crache des gouttes d'eau, selon le feu qu'elle choisit de nourrir ou d'éteindre.

Plafond de Chambord, salamandre et F couronnés - Source : Domaine national de Chambord
Plafond de Chambord, salamandre et F couronnés - Source : Domaine national de Chambord

Un petit amphibien, une grande signature.



Nutrisco et extinguo : ce que dit vraiment la devise

Trois mots gravés dans la pierre, et cinq siècles de débats. La devise royale paraît limpide ; elle l'est beaucoup moins qu'on ne le croit.


Un faux latin, un vrai italien

Nutrisco et extinguo a l'allure du latin, sans en avoir la grammaire : un latiniste aurait écrit nutrio et exstinguo. On a simplement habillé de latin la formule italienne de la médaille de 1504. Un latin de cour, en somme, plus soucieux d'élégance que de déclinaisons.


Boisy ou Demoulins : qui a soufflé la formule ?

Longtemps, on a attribué l'invention à Artus Gouffier de Boisy, gouverneur du jeune prince, qui aurait voulu canaliser un élève au caractère « plein de feu ».

Les travaux récents, publiés par la BnF, désignent plutôt François Demoulins de Rochefort, franciscain lettré, précepteur de François et confident de Louise de Savoie. C'est aujourd'hui l'hypothèse la mieux documentée.


Des lectures qui ne s'accordent pas

Au XVIe siècle déjà, chacun y lit ce qu'il veut. Paolo Giovio y voit un roi qui se nourrit avec plaisir du feu de l'amour. Gabriele Simeoni y lit un prince né pour nourrir la vertu et éteindre le vice. D'autres y verront la constance dans l'adversité.

L'historienne Anne-Marie Lecoq le résume ainsi, en substance : les commentaires de l'époque sont incomplets et confus, et le sens de l'emblème a fini par se perdre. Vertu, passion, courage : la salamandre se laisse lire, sans jamais se laisser enfermer.




La piste du Songe de Poliphile

La devise de la salamandre dans les Devises héroïques de Claude Paradin, 1557. - Source : Gallica, BnF
La devise de la salamandre dans les Devises héroïques de Claude Paradin, 1557. - Source : Gallica, BnF

La clé la plus convaincante se cache dans un roman publié à Venise en 1499 : l'Hypnerotomachia Poliphili, ou Songe de Poliphile, de Francesco Colonna. Demoulins le connaissait intimement, au point d'en avoir établi une première version française.


Le héros y traverse un double feu : il se nourrit du feu doux de l'amour de la Sagesse, et tente d'éteindre le feu violent des passions. Les formules du roman font écho, presque mot pour mot, à celles de la médaille.


La devise deviendrait alors une leçon de précepteur : se nourrir du bon feu, refréner le mauvais, garder la juste mesure. Une variante, en somme, de la maxime qui rythme le roman, Festina tarde, « hâte-toi lentement ». Une seconde médaille de jeunesse porte d'ailleurs une autre formule, tout aussi énigmatique : Et mors vita, « la mort est vie ».


La médaille à la devise « Et mors vita ». - Source : BnF
La médaille à la devise « Et mors vita ». - Source : BnF



Le secret des alchimistes : la symbolique ésotérique de la salamandre

Si la salamandre a traversé les siècles, c'est aussi parce qu'elle parle une autre langue : celle des symboles, du feu intérieur et de la transformation. Avant de devenir royale, elle était déjà spirituelle.


Du bestiaire chrétien à l'homme vertueux

Le Physiologos, bestiaire chrétien de l'Antiquité tardive, fait de la salamandre une preuve vivante du miracle : comme elle, les trois jeunes Hébreux jetés dans la fournaise par Nabuchodonosor en sont sortis indemnes. Saint Augustin l'évoque à son tour dans La Cité de Dieu.


Au Moyen Âge, celle qui dompte le feu devient l'image de l'homme vertueux, capable d'éteindre les vices. On la range parmi les animaux qui figurent le bon chrétien. La tradition lui prête pourtant un double visage : le juste brûlant d'amour divin, mais aussi le pécheur consumé par la passion.


La salamandre est un serpent qui ne vit hors du feu ardant », enluminure du Bestiaire d'amour rimé, d'après Richard de Fournival. - Source : BnF
La salamandre est un serpent qui ne vit hors du feu ardant », enluminure du Bestiaire d'amour rimé, d'après Richard de Fournival. - Source : BnF


Paracelse et l'esprit du feu

Au XVIe siècle, le médecin et alchimiste Paracelse range la salamandre parmi les esprits élémentaires. Chaque élément a le sien : le gnome pour la terre, l'ondine pour l'eau, le sylphe pour l'air, la salamandre pour le feu.

Chez lui, elle n'est plus un petit animal tacheté, mais un être de flamme, parfois décrit sous les traits d'une jeune femme vivant au cœur des brasiers.


Le soufre, la pierre et l'emblème de Maier

Dans le langage codé des alchimistes, la salamandre ne désigne pas un animal, mais un principe. Elle figure le soufre incombustible, ce qui résiste au feu, et partage ce rôle avec le phénix qui renaît de ses cendres.

Au début du XVIIe siècle, l'alchimiste allemand Michael Maier lui consacre un emblème de son Atalanta fugiens : comme la salamandre vit dans le feu, ainsi fait la Pierre, cette pierre philosophale que les adeptes cherchaient à parfaire. Pour l'iconographe Stanislas Klossowski de Rola, elle incarne à la fois le soufre, le feu, l'esprit et la lumière.


Emblème XXIX de l'Atalanta fugiens de Michael Maier, la salamandre dans les flammes, gravure de Matthäus Merian, 1617. - Source : Wikimedia Commons
Emblème XXIX de l'Atalanta fugiens de Michael Maier, la salamandre dans les flammes, gravure de Matthäus Merian, 1617. - Source : Wikimedia Commons

Le feu, ici, ne détruit pas. Il purifie, il éprouve, il transforme.


Quand la légende devient littérature

En 1670, l'abbé de Montfaucon de Villars publie Le Comte de Gabalis, dialogue piquant sur les sciences secrètes où sylphes, gnomes, ondines et salamandres entretiennent des relations troublantes avec les humains.

Les chercheurs y voient aujourd'hui une satire de l'occultisme de salon ; beaucoup de lecteurs de l'époque l'ont pourtant pris très au sérieux. Le livre a nourri durablement l'imaginaire européen. Preuve qu'un bon symbole survit même à ceux qui s'en moquent.


Et les sceptiques ?

Ils ne datent pas d'hier. Au XVIe siècle, le médecin italien Matthiole affirme avoir vu une salamandre brûler en quelques instants. Rabelais, lui, s'en amuse dans le Tiers Livre : un petit feu de paille la ragaillardit, une vraie fournaise l'étouffe comme n'importe quelle bête.

Le symbole, lui, n'a jamais eu besoin d'être ignifugé.



Templiers, Cathares : et si on démêlait la légende ?

Feu, secret, persécution : il n'en faut pas plus pour qu'on rattache la salamandre aux Templiers ou aux Cathares. La tentation est grande, l'histoire nettement plus sobre. On a cherché ; voici ce qu'on a trouvé.


Les Templiers : une croix, un sceau, une bannière

Les emblèmes de l'ordre du Temple sont bien connus, et peu nombreux. Le sceau des grands maîtres montrait deux chevaliers sur un même cheval, image de pauvreté et de fraternité. Sur le manteau blanc, une croix rouge ; au combat, le Beauséant, bannière noir et blanc. On y ajoute parfois l'Agnus Dei.


De salamandre, aucune trace n'apparait clairement dans les sources. La chronologie suffit d'ailleurs à refroidir l'hypothèse : Philippe Le Bel fait arrêter tous les Templiers le 13 octobre 1307 et l'ordre disparaît en mars 1312, et la salamandre n'entre dans la famille d'Angoulême qu'à partir de 1461, soit un siècle et demi plus tard.

Il arrive qu'on croise les deux au même endroit. Face à l'ancienne commanderie de Bagnault, dans les Deux-Sèvres, une maison porte une salamandre ciselée sur son heurtoir ; mais le décor date de la Renaissance, bien après les Templiers. Une coïncidence de voisinage, pas un lien de filiation.


Les Cathares : une foi presque sans images

Côté cathare, la question se pose autrement : leurs symboles eux-mêmes sont largement des constructions modernes. L'histoire ne reconnaît pas l'existence d'une « croix cathare ». Seule la colombe s'appuie sur quelques objets retrouvés dans des grottes de l'Ariège, et son attribution reste discutée.


La théologie cathare, dualiste, voyait dans le monde matériel l'œuvre d'un principe mauvais ; elle refusait même d'honorer la croix. On voit mal un emblème héraldique et flamboyant y trouver sa place. Quant au bûcher de Montségur, en 1244, il fut une persécution, pas un rite d'initiation, et sa localisation même fait débat chez les historiens.

Le château de Montségur sur son pog, Ariège. - Source : Wikimedia Commons
Le château de Montségur sur son pog, Ariège. - Source : Wikimedia Commons


Pourquoi ces associations circulent quand même

Les XIXe et XXe siècles ont aimé fondre dans un même creuset Templiers, Cathares, alchimie et trésors cachés. Les thèses d'Otto Rahn sur Montségur et le Graal en sont un bon exemple, depuis largement démontées.



À Arrentières, la salamandre veille sur les caves

Pourquoi une maison vigneronne de la Côte des Bar a-t-elle choisi cet emblème ? Parce que tout, dans son histoire, ressemble au travail du vin : le feu qu'on nourrit, celui qu'on tempère, la patience qui transforme.


Chez Chaput, on lit la devise de François Ier à sa façon : Nutrisco et extinguo, « partageons le feu qui nous anime ». Ce n'est pas une traduction, c'est une promesse. Celle d'un feu qu'on entretient de génération en génération, sans jamais le laisser tout dévorer.


La Grande Salamandre : le bon feu en bouteille

La Grande Salamandre est la cuvée qui porte le plus directement l'emblème de la Maison. Un Brut Réserve qui assemble Pinot Noir et Chardonnay sur plusieurs années, pour gagner en profondeur ce que le temps sait donner.




Dans le verre, la robe or intense s'allume de reflets cuivrés, comme une braise qu'on aurait apprivoisée. Le nez s'ouvre sur les fruits confits, le miel et la brioche à peine torréfiée ; à l'aération, les agrumes et les fruits secs prennent le relais.

En bouche, la matière est ample, vineuse, longue. Un champagne de caractère, mûr et charmeur, qui assume sa puissance sans perdre le fil de l'équilibre. Le bon feu, précisément : celui qui réchauffe sans brûler.


Elle se décline aussi en coffret Trilogie, réunissant ses trois habillages, mis en relief par un jeu d'hologrammes qui joue avec la lumière. (Une salamandre qui danse dans la lumière, on n'allait pas s'en priver ;-)




La Collection Salamandre : quatre caractères, un même feu

Autour de La Grande Salamandre, la Collection Salamandre réunit les cuvées les plus identitaires de la Maison, chacune avec sa personnalité :

  • La Dame Noire, qui parle la langue du Pinot Noir, roi des sols de la Côte des Bar ;

  • La Dame Blanche, Blanc de Blancs 100 % Chardonnay, tout en droiture et en lumière ;

  • Le Mythic, Brut Nature sans dosage, pour ceux qui aiment la matière à nu ;

  • L'Authentic, fidèle à son nom.

Quatre cuvées, quatre façons de lire un même terroir d'argile et de calcaire kimméridgien. Une même salamandre pour les signer.




Aux origines de la salamandre, on trouve donc moins un animal qu'une idée. Celle d'un feu qu'on ne fuit pas, mais qu'on apprend à habiter : nourri quand il éclaire, tempéré quand il menace, transmis quand il a fait ses preuves.

Des naturalistes grecs aux alchimistes, du précepteur de François Ier aux voûtes de Chambord, chacun a lu dans ce symbole ce qu'il cherchait : la vertu, la passion, la constance, la transformation. Aucune lecture ne l'épuise.


Au fond, c'est peut-être la meilleure définition du travail de vigneron. Observer, ajuster, attendre. Laisser le temps faire son œuvre sans jamais lâcher la main.

La prochaine fois qu'une bouteille de La Grande Salamandre s'ouvre sur votre table, il suffira de regarder l'étiquette un instant. Cinq siècles d'histoire y tiennent, lovés dans un trait de flamme.


Le reste se partage, verre en main. Pour découvrir toutes les cuvées de la Maison, c'est par ici : la page des champagnes Chaput.

Un feu qu'on nourrit, un feu qu'on maîtrise, un feu qu'on partage.



FAQ : la salamandre de François Ier en cinq questions

Pourquoi François Ier a-t-il choisi la salamandre ?

Il ne l'a pas vraiment choisie : il en a hérité. L'emblème circule dans la maison d'Angoulême depuis son grand-père Jean, au XVe siècle. C'est sa mère, Louise de Savoie, qui le lui attribue dès 1504, sur une médaille frappée pour ses dix ans. La légende d'un animal qui vit dans le feu et l'éteint offrait un symbole idéal pour un futur souverain : maîtriser les passions, nourrir la vertu, rester ferme dans l'épreuve.


Que signifie « Nutrisco et extinguo » ?

La formule se traduit par « je nourris et j'éteins », à comprendre comme « je me nourris du bon feu et j'éteins le mauvais ». C'est un latin approximatif, adapté de la devise italienne de la médaille de 1504. Son sens exact a été débattu dès le XVIe siècle : vertu contre vice, amour, courage. L'hypothèse la plus documentée la rattache au Songe de Poliphile et à une leçon de juste mesure.


Combien de salamandres compte le château de Chambord ?

Le chiffre le plus souvent cité est de plus de trois cents représentations, sculptées sur les plafonds à caissons, les voûtes et les murs. Aucun inventaire officiel ne semble avoir été publié à ce jour. La chasse aux salamandres reste en tout cas l'un des plaisirs d'une visite : couronnées, elles crachent de l'eau ou avalent des flammes selon les endroits.


La salamandre était-elle un symbole des Templiers ou des Cathares ?

Aucune source sérieuse ne l'atteste. Les emblèmes templiers connus sont la croix rouge, le sceau aux deux chevaliers et la bannière Beauséant. Les Cathares, eux, n'ont laissé presque aucune iconographie, et leurs symboles supposés sont souvent modernes. L'ordre du Temple disparaît d'ailleurs en 1312, bien avant que la salamandre ne devienne l'emblème des Angoulême.


Quelle cuvée Chaput porte le nom de la salamandre ?

La Grande Salamandre, Brut Réserve, assemble Pinot Noir et Chardonnay sur plusieurs années. Elle offre une bouche ample et vineuse, sur les fruits confits, le miel et la brioche. L'emblème veille aussi sur toute la Collection Salamandre : La Dame Noire, La Dame Blanche, Le Mythic et L'Authentic, à découvrir sur le site de la Maison.



Sources

Histoire de l'emblème et de la devise


Légende, bestiaires et symbolique


Templiers et Cathares


Pour aller plus loin

  • Anne-Marie Lecoq, François Ier imaginaire, chapitre « Le prince à la salamandre » (ouvrage de référence)

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